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Dawson sous le verglas – Cimetière et mise en bière

Mardi 23 octobre 2018 – J5

Dawson sous le verglas – Cimetière et mise en bière

 

 Le Cimetière

Le Cimetière

Lever piteux ce matin: il pleut de la glace. Imaginez une patinoire comme à l'aréna, mais en forte pente! Nous habitons dans la haute ville, on pourrait toujours descendre sur un carton, mais rarement les cartons sont livrés avec des freins. Sachant que le bout de la pente est la rivière, et qu'elle est très très froide, nous ne sommes non plus pas très chauds.

En attendant la sableuse, nous vaquons à nos maintenant traditionnelles activités matinales d'entretien du bétail, lavé, brossé, habillé, nourri, avant que de finaliser la production picturale et littéraire, autoproclamée, de la veille. Vincent en a profité pour faire un "touski", tout ce qui reste dans le frigo. Nous nous délectons de ce sommet de l'art culinaire aurifère qui nous réchauffe le corps et le cœur.

 

La pluie ayant presque cessé, nous voilà de nouveau partis en expédition dans la ville. La sableuse est passée, et le milieu de la rue est praticable. D'ailleurs tout le monde est au milieu de la rue. En clair, les quelques automobilistes laissent passer les rares piétons. Pas le choix, les bipèdes sont plus hors de tout contrôle de leur trajectoire que les gros pick-up bien équipés. Dawson est le royaume du pick-up. Pas du pick-up, du gros pick-up. Des monstres pour certains. Beaucoup de VTT aussi, véhicule motorisé idéal pour cette région sur de courtes distances. On voit aussi des engins plus bizarres, multi-roues et capable de franchir de petits cours d'eau.

 

Nous commençons par la fin de la fin, le cimetière, car il est à 50m de la maison dans la même rue. Curieusement, ce sont des planches tombales au lieu de pierres. Il n'est plus utilisé depuis plus d'un siècle, mais toujours entretenu. Il y a tout un secteur réservé à de passés membres de la loge maçonnique locale. 

La franc-maçonnerie du pays doit être très développée, car le temple maçonnique local est de loin la plus belle, et une des plus grosses bâtisses de la ville.

 Temple maçonnique

Temple maçonnique

 

Quelques photos et nous reprenons notre route-toboggan.

 

En tirant et poussant, nous finissons par arriver sur la promenade bien aménagée qui borde la rivière, et que nous suivons vers l'aval, jusqu'au pied de ce curieux éboulement dans la montagne, à la limite nord de la ville.

Le glissement de terrain de Dawson City, également connu sous le nom de Moosehide Slide (Glissement de terrain de la peau d'orignal), est un important éboulement rocheux qui a débuté à la préhistoire. Les mouvements de terrain sont toujours actifs et étroitement surveillés depuis 2003. C'est assez impressionnant de voir cette immense blessure dans le flanc de la montagne. À notre arrivée, nous pensions que c'était une séquelle de la fièvre de l'or, en fait non.

 Dawson City Moosehide Slide

Dawson City Moosehide Slide

 

Après cette visite à l'éboulement, nous revenons au centre-ville faire quelques photos humoristiques avec les bâtiments anciens, dont bien sur l'ex meilleur bordel de la région, le fameux Flora Dora Hôtel, où de charmantes dames à la plastique irréprochable mais trop plastique, donc non recyclables, nous font d'intemporels coucous par la fenêtre.

 

Il y a aussi cet antique bateau à roues à aubes, sorti de l'eau comme les autres bateaux de l'embarcadère, dont le traversier. Le traversier permet de rejoindre sur l'autre rive la route de l'Alaska. On peut passer l'été en traversier, et l'hiver par le pont de glace sur la rivière. Entre deux il faut attendre que ça gèle à l'automne et que ça dégèle au printemps.

 Bateau à roues à aubes

Bateau à roues à aubes

 

Nous terminons au dépanneur acheter quelques croustilles et de la bonne bière locale. Nous en avons testé quelques-unes depuis notre arrivée. Notre préférée reste la Yukon Red, épaisse, avec une bonne amertume et pas trop d'alcool. Ce sera idéal pour souligner notre dernière soirée ici. Retour au bercail donc pour un apéro simple et sympathique, suivi d'un repas plutôt axé sur finir les restes, assorti donc d'une mise en bière pour arroser notre visite au cimetière et préparer Halloween.

 

Dehors le ciel a tendance à se découvrir légèrement, nos applications sur les aurores boréales donnent quelques chances de succès dans la nuit. Nous commençons donc un système de vigile. Vers 3:00 du matin les choses se présentent plutôt favorablement. Nous décidons donc de repartir en chasse. Direction le Dôme pour être au-dessus des éventuelles brumes. La route de montagne est verglacée mais a été sablée. Nous réussissons donc à atteindre le sommet, …pour déchanter rapidement. Il y a un vent violent, autour de 50km/h d'après l'angle de la manche à air. Après quelques tests, il se confirme que c'est trop dangereux pour le matériel, et de plus le mouvement rapide des arbres rendrait notre premier plan photographique flou. Demi-tour et nous redescendons vers la route de Whitehorse retrouver l'aire de stationnement que nous avions déjà utilisée, bien abritée elle.

 

Effectivement c'est plus calme, nous aurons en prime moins froid. De plus l'horizon montre quelques reflets verdâtres de bon augure. Il y a quelques nuages épars mais peu gênants. En revanche la pleine lune est ultra brillante et sa lumière atténue beaucoup les vertes lumières que nous espérons.

 

 Timides trainées vertes dans le ciel

Timides trainées vertes dans le ciel

De fait nous verrons peu d'aurores boréales, simples trainées vertes dans le ciel, une seule bien brillante. Mais bon, ce qui est pris est pris. Nous faisons aussi quelques timelapses intéressants.

Vers 6:00 le temps se couvre, il n'y a plus trace d'aurores boréales et nous rentrons nous réchauffer d'un bon déjeuner. Il nous faut aussi faire le blog, préparer nos valises, ranger la maison, pour prendre le chemin de Whitehorse. 

 

L'heure du départ a sonné!

 

 Votre “humble” blogueur

Votre “humble” blogueur

Texte Jean-Luc Monfrais

©2016 -  Vincent Éthier et Pierre Giard / Expéditions Photo Nature / EPN-Workshops